Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le soir de Noël tout est permis se répétait Stan avec espoir, il paraît qu’un bonhomme rouge offre de beaux cadeaux aux enfants, et lui-même était si jeune.

.

Le soir de Noel tout est permis se répétait Lily avec désespoir, même, pourquoi pas retrouver Missa le chaton perdu.

 

.

Stan se dirigea vers les poubelles de la « belle rue », là où on avait le plus de chance de trouver de quoi manger de bonnes choses.

 

.

Madame Ampride se répétait que tout espoir n’était pas perdu et qu’elle allait vite retrouver Lily ! La soirée avait pourtant bien commencé même si la matinée avait été affreuse : le matin Missa la chatonne rousse aux yeux verts avait disparu, et cela parce que Martine la jeune femme de service avait un affreux rhume qui l’avait empêché de venir travailler. Donc madame Ampride s’était chargée de faire déjeuner Lily, de descendre les poubelles , de remplir le lave vaisselle et d’expédier les cartes de vœux de Noël, vite écrites, d’une main fébrile sur un coin de table tout en surveillant que Lily mangeait son bol de céréales au lait sans se débarrasser du fond de son bol dans la gamelle de Missa. Puis elle avait voulu donner des croquettes à la minette, et là …. Drame, la petite d’habitude, accourait au moindre bruit de gamelle, l’air affairé, la queue ondoyante en point d’interrogation, miaulant, roucoulant … mais là … point de Missa ! Lily avait couru partout dans le grand appartement, croyant à un jeu, au début, puis vite pensant au pire … la fenêtre était restée ouverte un moment, la chatte avait pu se sauver sur le balcon et de là sauter de toit en toit pour disparaître dans le jour brumeux et glacial. Ou bien se faufilant par la porte du palier, quand maman était sorti descendre les poubelles, la minette avait pu dévaler les 4 étages pour filer dans la rue où les voitures déboulaient à longueur de journée … Lily s’était mise à pleurer. Madame Ampride, se sentant coupable, et triste aussi, à l’idée de perdre cette petite boule de poils qui s’était invitée dans leur vie deux semaines plus tôt et qui si vite s’était installée dans leur appartement et leurs cœurs, avait tout tenté : coups de téléphones aux voisins, affichettes vite imprimées, acrobatie extrême : enjambant la rambarde du balcon elle avait tenté une excursion périlleuse sur les tuiles glissantes de l’immeuble voisin ….

 

.

Pour distraire Lily, en fin d’après midi elle avait habillé chaudement la fillette et l’avait amenée voir les vitrines animées des grands magasins. Lily avait presque recommencé à sourire jusqu’au moment où elle avait vu une peluche de chat roux jouant à la balançoire. Vite, elles étaient parties voir une autre vitrine, s’arrêtant juste pour acheter des marrons chauds. Au moment de payer, Madame Ampride avait lâché la main de la petite, le temps de prendre son porte monnaie, et Lily avait disparu.

 

.

Depuis Madame Ampride, trottant sur ses Louboutins hors de prix et hauts perchés couraient les rues de Paris, essoufflée, téléphonant à la police, interviewant les passants, les commerçants, revenant insensiblement vers son immeuble, espérant que la petite saurait retrouver son chemin.

 

.

Stan se rapprochait de l’arrière des immeubles, lorgnant vers les sacs poubelles rebondis qui fourniraient un couchage à l’abri du froid, et peut-être, pourquoi pas, un peu de nourriture. L’un des sacs se mit à bouger, la ficelle d’attache, mal nouée lâcha dès que Stan bouscula un peu le sac, un paquet de corn flakes tomba sur le sol, en sortit une petite tête rousse ébouriffée aux yeux verts. Missa, pas effarouchée pour 2 sous se frotta contre les pieds de Stan, philosophe, celui-ci ne s’en formalisa pas plus que ça et récupéra quelques brisures de flocons ainsi qu’une tranche de pain dur, puis lécha le jus d’une boîte de petits pois (et le tri sélectif alors !!!), puis se glissa sous les sacs poubelles pour s’endormir. Missa se coula contre lui, et lovée contre sa poitrine commença à ronronner.

 

.

Lily s’était séparée de sa mère à la première occasion, occasion qu’elle attendait depuis le début de la journée, et décidée, du haut de ses 6 ans, trottina (imitation parfaite en modèle réduit de Madame Mère) en direction de l’immeuble familial. Elle était sûre et certaine (allez savoir pourquoi) que Missa n’était pas loin, probablement blottie dans un couloir attendant sa copine humaine pour jouer et faire des câlins. Arrivée à la porte d’entrée, elle appuya sur le bouton de sonnette de Madame Martin pour se faire ouvrir la porte sécurisée (elle n’avait pas le digi machin, tu sais les numéros pour rentrer). Madame Martin ne répondit pas, ni personne dans l’immeuble. Sans doute les gens étaient sortis, préparer les achats de Noël ou autre chose du genre. Personne ne rentrait ou sortait … pas grave, en passant par derrière, il suffisait d’attendre que Monsieur Arkady (qui ne répondait jamais aux coups de sonnette, d’ailleurs sa sonnette était débranchée) sorte ses poubelles à 7h du soir, comme chaque soir et ensuite, de rentrer en même temps que lui dans l’immeuble. Lily passa dans la petite venelle entre les immeubles, ce passage lui faisait toujours peur, sombre, étroit avec plein d’ombres, brrrrr.

 

.

Missa avait envie de faire pipi … elle n’allait pas se soulager contre son nouvel ami, elle se faufila entre 2 sacs, tournant de ci de là pour trouver un coin meuble qu’elle pourrait gratter, mais rien d’aussi confortable et propre que sa petite litière. Elle commença à miauler, roucoulant de son miaulement si particulier pour réclamer qu’on lui ouvre la porte des toilettes, mais évidemment il n’y avait pas de porte, par contre un petit cri se fit entendre derrière elle :

- Oh Missa, Missa, tu es là !

Sur le coup, entendant courir dans  sa direction, elle s’affola et courut se réfugier contre Stan. Lily se jeta sur les sacs poubelles bousculant tout ça, impatiente jusqu’à découvrir la minuscule  boule rousse de poils, blottie contre un petit épagneul crasseux, inquiet et famélique.

 

.

C’est le moment que madame Mère, mue par on ne sait trop quel instinct, ou bien se souvenant vaguement avoir descendu la poubelle juste avant que Missa ne disparaisse, choisit pour apparaître. Elle trouva la gamine, à quatre pattes, caressant d’une main une Missa ronronnante et de l’autre flattant le crâne d’un chiot pas trop propre. Pleurant de soulagement elle embarqua tout ce petit monde : Lily tenue d’ une main ferme, portant Missa, et coinçant le chiot sous son autre bras, salissant son manteau blanc en pure laine des Andes, elle se précipita nettoyer et nourrir cette mini meute.

 

.

Missa ronronnait, satisfaite, roulée en boule sur le canapé regardant Stan, le chiot, qui repu dormait le bedon à l’air devant la table basse.

 

.

Après tout, c’était Noël ce soir, elle avait bien le droit d’offrir elle aussi un cadeau à sa gentille famille d’accueil, en l’espèce un cadeau nommé Stan et qui lui ferait un super copain.

 

Tag(s) : #contes et histoires

Partager cet article

Repost 0